Réhabilitation et valorisation de patrimoine classé, rénovation, décoration, l’agence Omeo affiche plus de 200 projets sur-mesure fondés sur l’histoire d’un lieu. À sa tête, une passionnée d’art, d’architecture et d’architecture intérieure qui congugue la mise en valeur et l’exploitation des volumes, la fusion de l’esthétisme et des perspectives, l’appropriation des espaces et de leur fonctionnalité… sans oublier l’intégration des problématiques environnementales et sociétales.
Par Alexandra Fournier

rencontreQuelles sont les « spécialités » et « spécificités » de votre agence ? Notre spécialité est d’être une agence multicarte : architecture, architecture d’intérieur et scénographie. Nous portons donc un regard très global sur les projets, avec une compréhension totale des problématiques, le côté scénographie nous permettant de raconter une histoire. Quant à notre spécificité, elle est liée à notre sensibilité particulière pour le patrimonial. La rénovation d’un bien patrimonial demande une attention particulière, à la fois pour le patrimoine mais également pour le client qui prend des risques. Nous devons donc l’accompagner, en accord avec l’architecte des monuments historiques qui a un droit de regard sur l’extérieur mais aussi l’intérieur d’un bien classé, ce qui complique parfois les choses.

En quoi l’intégration des problématiques environnementales et sociétales font-elles partie intégrante de vos réalisations ?

rencontreDésormais, la question environnementale est complexe et concerne notamment la consommation d’eau et d’énergie. Il existe cependant de nombreuses solutions, notamment d’isolation. Ainsi, il est tout à fait possible de rendre un bâtiment historique totalement passif. C’est d’ailleurs ce que nous avons réalisé pour un hôtel particulier bordelais datant de 1750 et 1870, où nous avons créé une coque intérieure totalement BBC avec double flux. En outre, pour lutter contre la pollution intérieure, nous choisissons des matériaux sains pour les sols, les murs, les agencements comme la cuisine et le dressing… mais aussi pour le mobilier, de préférence avec montage traditionnel donc sans colle, sans vernis… Nous privilégions ainsi les peintures naturelles à la chaux, les parquets bruts… afin d’éviter l’émanation de produits toxiques. Hélas, ces solutions ne sont que peu démocratisées en France.

Est-ce important de donner du « sens » à vos réalisations ?

Pour moi, pas question de vendre un style car chaque rénovation est différente et doit raconter une histoire. L’attachement du propriétaire vis à vis de son bien passe par cette histoire. À lui de se l’approprier et de la perpétuer. C’est ce qui donne du sens à notre travail. L’habitation doit aussi être le reflet de l’histoire familiale des propriétaires. Alors pas question de rendre leur intimité stérile et automatisée.

rencontreÀ Maison-Laffitte, en quoi a consisté la rénovation ?

Les anciens propriétaires de ce petit mansard, référencé au niveau du parc de Maison-Laffitte, avaient fait de l’intérieur un petit havre des années 70/80. Tombé amoureux de l’extérieur, le nouveau propriétaire, qui effectuait son premier gros achat patrimonial, nous a demandé de le restaurer à l’identique de ce qu’il fut au XIXe siècle. Nous avons donc retrouvé les moulurations de l’époque, fait travailler des staffeurs à l’intérieur… et choisi mobilier et linge de maison. Pour cet homme hyperactif, hyperconnecté et père de trois enfants, nous avons donc dû trouver le bon compromis entre la restauration à l’identique, le confort moderne avec domotique, la vie de famille, le plaisir de recevoir et le coût.

Pour l’hôtel particulier Cité des Fleurs, quelles étaient les contraintes ?

Cette rue piétonne du XVIIe arrondissement est jalonnée de maisons de cocottes, dont chacune avait à l’origine sa spécificité donc ses décors. Ces maisons, exceptionnelles et très rares dans Paris, sont en revanche très mal construites car faites de bric et de broc. Ainsi, la façade, mélange de plâtre, briques, mâchefer et même pierres, a été rénovée entièrement en mosaïque, le client ayant lui-même choisi ses pâtes de verre. À l’intérieur, pour satisfaire le propriétaire, écrivain de polars, sociologue et grand voyageur, nous avons intégré cer